HISTOIRE COURTE DE MIMET

 

          Il y eut trois Mimet successifs.

 

          L’un, vers le VIe ou le Ve siècle avant Jésus-Christ, le premier, un oppidum ou place forte, la « Teste de l’Ost », fut évacué à la fin du IIe siècle avant J.-C. sous l’autorité romaine. Murailles et tours de pierres furent démantelées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

          Aux Xe et XIe siècles, vint le temps de la féodalité. Celui des seigneurs. Les premiers connus se nommaient Guibert et Bonfils. En échange de leur protection armée, ils réclamèrent le travail : tailler la colline de notre Mimet, édifier le château peu à peu, l’église, sans doute la grande salle voûtée de la Maison de la Mémoire, dégager une place avec, autour, les maisons, chacune étant unité de production. Et tracer la rue, en spirale coquille d’escargot ! Il y eut Vidiamus, Pelet d’Esparron, Guillaume de Candolle… À partir de 1409, ce sont les Chaussegros, Pierre, Boniface, Jean d’Estienne… jusqu’en 1701. Mais en 1589, c’est la prise du château par le duc d’Épernon, un prédateur sans foi ni loi. En 1593 et 1595, Épernon ravage Mimet : il restera l’église et les caves.

          La renaissance du village se fera lentement et s’achèvera avec les Régusse-Grimaldi, entre 1710 et 1771 grâce au travail des Mimétains qui rebâtirent. Au XVIIIe siècle, ils vivaient de la culture, de l’élevage et de l’exploitation du bois.

          C’est alors que commença le temps des De Gras de Prégentil, seigneurs actifs et procéduriers qui firent bien des misères aux Pères de l’Oratoire installés à Notre-Dame-des-Anges : place religieuse d’importance, née en 1220 de l’ouvrage des ermites franciscains. On y verra Pierre de Lune, un antipape, en 1398, où il y célébrera la messe.

         Puis c’est la révolution. Les vieilles familles de Mimet deviennent propriétaires, les seigneurs disparaissent, le « Château Vieux » est partagé, une partie du mobilier de Notre-Dame-des-Anges vient à l’église du village, dont les santons de la première crèche provençale de 1644. Château-Bas passe de mains en main. Ce fut le temps des remous même si le zèle révolutionnaire semble rester modéré.

          Après la tourmente, Mimet retrouve sa vie faite d’agriculture, d’élevage et de mise en valeur de la forêt. Jusqu’à la mine : fin XIXe et  XXe, la lignite, le charbon de Gardanne, prend de plus en plus de place. Peu à peu, on abandonne les terres, on travaille, puits Biver, puits Germain… On trace de nouvelles routes, c’est la naissance des Moulières. La guerre fauche une génération, puis la seconde vient, on meurt encore.

          Survivre est la loi. Très vite, le temps des estivants de Marseille arrive dans les années cinquante. On reconstruit, on modernise, en 1952 c’est le « boulanger de Valorgue », l’eau à la pile en 1957, on cohabite, les Moulières grossissent.

          Bientôt, Mimet enfante des quartiers de maisons, le Gassin, la Source, la Diote… Mimet grandit. En 2003, la mine ferme. Mimet devient refuge, loin des villes, le plus haut village des Bouches-du-Rhône, à deux pas du désert de l’Étoile, sous le vol des canadairs et le regard des aigles. 

          Le second fut installé vers le quartier du Reygalé et des Vignes Basses. Les Mimétains d’alors travaillaient pour le service d’une villa gallo-romaine où l’on cultivait l’olivier pour l’huile, les vignes pour le vin et les grains, aussi les pois chiches, les oignons. C’était la « pax romana ».

          Mais Rome finit par s’éloigner. Les Mimétains restèrent sans défense, hormis Notre-Dame-du-Cyprès en sa chapelle au milieu d’un cimetière : ni mur, ni rempart. On survivait malgré les dangers constants et l’insécurité…

                                                                                                      

Oppidum