LE MUSÉE EN LIGNE

                                                                                       LE   SADONET

          * En provençal : aissadou

               eissado, eissaoun et sadoné qui donne sadonet en français

          * Sorte de houe à lame rectangulaire (25cm x 2cm) et à manche court.

          Se manie d’une main, pour désherber, enlever les racines. Il sert en sol caillouteux et aussi pour les truffes, la salade des champs…

          * Il servait aussi aux femmes sur les terras (terrils, à Saint-Savournin, Biver, Gardanne…) pour séparer le charbon resté adhérent à la roche stérile : travail dans les mines.

          Se porte passé à la ceinture ou à l’épaule.

          On ne jetait rien : la lame du sadonet a été ressoudée.

 

                                                                          L’ARAIRE  ou  REILLE LANCÉOLÉE

          * Outil de labour très ancien, dès le néolithique (représentation de la Vallée des Merveilles dans les Alpes-Maritimes), utilisé jusqu’au XIXe siècle.

          C’est l’aratrum de Virgile, avec des appellations variées selon les régions : araire, aratro, arayre… En français, on parle de mange-sep ou chambige.

          * L’araire se compose du : 

          timon, pièce en bois recourbée pour la traction animale (avec boucle d’attelage) ;

         soc ou reille (du latin regula), lourde pièce effilée, munie de 2 ailes latérales qui tranchent les racines et ameublissent la terre. Les plus anciennes ont un aspect rugueux, massif et une allure aérienne. La reille est maintenue par l’étançon et s’enfonce dans le manche ;

          sep (provençal alamon, dental…), pièce en bois dur, arrondie en-dessous et qui soutient le soc ou reille ;

          mancheron (esteve en provençal) pour diriger le labour et la bête ; 

          les oreillons (aureilheiro…) sont des coins de bois ou de fer, en triangle, en prolongement des 2 ailes du soc : ils permettent l’évacuation, vers l’arrière, de la terre de chaque côté du sillon ; 

          de l’étançon (tendille…), pièce de fer en fourche qui sépare le timon et le sep, elle maintient l’ensemble et sert de régulateur : selon l’angle qu’elle occasionne, le soc ou reille pénètre plus ou moins dans la terre.

          * Tout était fabriqué par le paysan, sauf les pièces métalliques (soc, étançon) qui l’étaient par le forgeron. Les bois, le laboureur les façonnait lui-même l’hiver : le montage réclamait quelques heures.  

          La mise en service pour les labours demandait que l’on plonge l’ensemble des bois dans l’eau pour resserrer le tout.

          L’araire permettait des labours jusqu’au pied des arbres (olivier, figuier, amandier, vigne), car la traction rendait la manœuvre aisée : même sur les champs en terrasse (bancaou).

          Il était adapté à nos terres caillouteuses et légères.  

          Le bois : du chêne vert coupé à la lune (à cause des vers), séché 2 ans. Le tout pèse à peu près 35 à 40 kg et se porte sur le dos. Il faut le refaire environ tous les 10 ans.

 

                                                                              L’ENCLUMETTE

          * Le fauchage (couper l’herbe, le blé…) s’apprend assez vite. Il est indispensable que la faux coupe bien et net. Or, après quelques heures de travail, le tranchant s’émousse.

          Il faut le rebattre : le but est de forger à froid, de manière à étirer le métal et de permettre un aiguisage efficace à la pierre.

          Le travail se fait sur place : on dispose du marteau et de l’enclumette.

          Le marteau : tête métallique recourbée avec court manche en bois (10 à 12 cm).

          L’enclumette : pieu en fer à tête carrée avec quatre boucles en fer (viroles, volutes ou ailes) pour l’empêcher de s’enfoncer dans la terre.

           * Le faucheur démonte la faux.

           La lame est posée sur le côté concave de la lame, tranchant tourné vers lui. Il faut déplacer ce tranchant de façon régulière : ne pas frapper plusieurs fois le même endroit (sinon, déformation du métal).

          * En provençal : enclumette : pichot enclumi

                marteau  :  martéu d’enchaple, capouire, encap  

                dans l’étui, la pierre à aiguiser  : safre, peiro…

 

                                                                      LA FOURCHE DE BOIS

          * Un long manche terminé par trois dents. On la fabrique avec du micocoulier (celtis australis) car c’est du bois très léger.

          Le micocoulier, ou alisier, est cultivé au jardin et se taille de telle sorte qu’il se forme en trois rameaux.

          Parvenu à la bonne forme, il est assoupli au feu et modelé, puis durci au four et épointé. La fourche obtenue sert sur l’aire de dépiquage du blé.

          On la fabriquait à Sauve (près d’Alès) depuis 1693.

          * Elle peut servir aussi aux foins et aux fourrages sur les prairies : tourner et retourner les andains (brassées d’herbes) pour atteindre une dessiccation suffisante avant de former les meules ou avant de les emporter sur les grandes charrettes.

          La fourche, en provençal : forcho, fourco…  

 

                                                                      LE PIC À DÉFONCER           

          Le fer est fixé à un manche de chêne-vert. Il existe deux types de pics.

          Le taillant à lame coupante large pour trancher les racines. Le pic à pointe, c’est le cas ici, où le fer s’effile. Il est destiné aux terrains pierreux, à fendre les roches trop grosses pour être transportées. C’est un outil pour défricher une terre nouvelle.

          La terre, dépourvue, des plus gros éléments, ne garde que les cailloux : on pourra cultiver et passer l’araire. On plantera des oliviers, des figuiers, de la vigne, des amandiers, des pois chiches, des oignons… Les moellons dégagés constitueront le mur de pierres sèches, qui soutient le « bancaou ».

          Cet outil, composé d’une pointe et d’un côté en marteau, est un outil de peine utilisé aux XVIIIe et XIXe siècles, quand il fallait dégager des terres afin de nourrir la population en expansion. Il provient du n° 14 de la Place, dans la cave : il était recouvert par près de 40 cm de débris et n’était enduit que par une très mince couche de rouille. ( mise à jour le 29/03/13)

          On l’appelle, en provençal, un eissartaire (de essarta : défricher, défoncer un terrain).   

 

                                                                        LE  PIC  DE  MINEUR

          Un outil de travail dur. Un côté pour piquer la couche de lignite et en détacher les morceaux, faire levier. L’autre pour casser.

          Lorsque le manche est court (60 cm à 1 mètre), l’outil est destiné à l’attaque à la main, c’est la « taille à 4 pans » qui se fait parfois dans la position couchée, position très pénible : la taille du chantier est à 0,60m. de côté.

          Le côté pointu sert pour piquer la couche et « faire aigre », c’est-à-dire levier.

              Le côté carré est utilisé pour casser les morceaux.

          Si le manche est plus long, on peut travailler en position normale, debout.

             Au début de l’histoire de la mine et jusqu’au XXe siècle, cet outil resta en service dans les galeries qui passent sous Mimet depuis Biver.

 

                                              « L’AS DE PIQUE » ou « L’AS DE CŒUR », « LA GUITARE »

          Pelle spéciale pour la mine : elle sert à charger le charbon à la taille, ou à ramasser celui qui est tombé des tapis roulants, afin de le remettre dans un wagonnet.

          On dit « pageler » en provençal, chaque pelletée représentant une lourde charge. Il fallait beaucoup de force pour utiliser « la guitare ».

          Une pénibilité assurée !

          Les mineurs disaient : « on va jouer de la guitare française ».

        

                                                                     LE  MARTEAU – PIQUEUR

        Celui de la mine servait d’abord à forer des trous dans lesquels on glissait des cartouches de dynamite. Il s’agissait de dégager les couches de lignite et de faire avancer la galerie.

        Il pèse lourd, environ 20 à 25 kg., comportait une sorte de crosse sur l’arrière que l’on poussait avec l’épaule. De la main gauche, on soutenait, au début, le corps du marteau : un travail très dur.

        L’engin possède une marque, « France », le reste étant usé, des numéros et lettres d’enregistrement : 560874 et BAM.

        Aujourd’hui, les mines sont fermées, mais vers la fin, le travail se faisait avec des tunneliers qui avançaient. Les galeries, très vastes, permettaient à des véhicules d’y circuler. Les équipes qui descendaient pour les 3x8 avaient pour mission, d’abord, de maintenir le matériel en état de fonctionner sans arrêt et avec les moyens du bord.  

 

                                                                      LA  BALANCE  À  TABAC

          Elle se trouvait sur le côté droit du comptoir du bar Nicolas à Mimet : vissée sur le zinc.

          Les deux plateaux en corne permettaient la pesée précise du tabac. Non pas celui que l’on fume en cigarette ou dans une pipe, mais le tabac à priser : celui qu’on aspire par le nez, ou éventuellement, celui que l’on chique en bouche.

          En effet, les mineurs n’avaient pas le droit de fumer dans les galeries, à cause du grisou et des explosions possibles. Alors, ils chiquaient ou « snifaient » leur tabac. Avant de partir pour le puits Germain (Saint-Savournin), ou Léonie (vers Auberge Neuve), ou autre, ils passaient chez Nicolas, le bar-tabac de Mimet (rue Saint-Sébastien, à côté du restaurant Le Grand Puech) et ils achetaient le bon tabac pour leurs huit heures au fond. Ça remplaçait la poussière et l’odeur du lignite, notre charbon soufré.    

 

                                                           FOSSILE DE TORTUE D’EAU DOUCE

           « Grande espèce » fossilisée, trouvée à plus de 1 200 mètres de profondeur, dans les mines de Gardanne - Mimet.

           Le fossile de cette tortue date de 70 millions d’années (ère secondaire, période du crétacé) : elle était contemporaine des dinosaures.

            Son nom scientifique est « POLYSTERNUM PROVINCIALAE » ou « PLEUSROSTERMON ».

           Elle fut découverte pour la 1ere fois dans le bassin de l’Arc par M. Matheron en 1869. C’est dans l’étage géologique du fuvelien (du nom du village de Fuveau) qu’elle fut dégagée.

           Les eaux dans lesquelles ces carapaces de tortues se sont déposées étaient agitées par des courants. Il est rare de retrouver des fossiles entiers.

          Cette tortue vivait en compagnie de poissons, de crocodiles, de crustacés, de coquillages variés (lamellibranches ou bivalves, des gastéropodes…), tous en eaux douces. Elles coulaient sur les premières terres émergées de Provence (continent de la Tyrrhénide, entre Corse et Maures dont ils sont les restes), et sur quelques reliefs déjà formés plus au nord. 

 

                                                                    RIFLARD, RABOT, BOUVET

          RIFLARD : grand rabot pour dégrossir et blanchir le bois, c’est le corroyage des bois (sur les surfaces que la scie laisse plus ou moins rugueuses). Le fer d’attaque a une pente à 45°. Il a une seule poignée, la varlope en a deux.

          RABOT normal : pour unir et polir le bois, fer tranchant acéré à un biseau, avec contre-fer pour éviter la projection d’éclats, le tout coincé avec un coin de bois. Il est sans poignée.

          BOUVET normal : pour faire des rainures ou des languettes. Le bouvet à joindre (de section étroite) pour assemblage de deux pièces (parquet) : le mâle fait la languette et la femelle fait la rainure.

          BOUVET à approfondir : outil d’ébéniste, pour faire une rainure plus ou moins large et plus ou moins profonde par emploi de fers se fixant à des hauteurs variables. 

 

                                                                    LE  MÉTIER   À   PERLES

          Un appareil bricolé (base de planches, cuvette perforée, bobine de fil, manche pour tourner dans le sens des aiguilles d’une montre).

          Pour la fabrication des couronnes mortuaires : on fabriquait des feuilles (voir les exemples) et des fleurs. Le commanditaire fournit les perles en verre et le fil de fer, et remporte les pièces fabriquées (petit revenu pour les enfileuses de perles). 

          C’est un petit métier que pratiquaient les femmes de mineur ; les personnes âgées et parfois les enfants y participaient (souvenir de Josette Pastor) : Augusta Bonnet, grand-mère de Rémy Ollive, en fabriquait (voir photo).

          On exerçait cette activité jusque vers 1950.

          Question : quelle est la probabilité mathématique que des perles s’enfilent sur le fil de fer ? Et pourtant, cela a lieu !

 

                                                                 LE SAVON DE MARSEILLE

          * D’origine à la fois gauloise, perse, arabe, le savon apparaît dès 1228 à Marseille, puis on trouve un fabricant, un « sabonerius » Crescas Davin en 1371. Le savon ne quittera plus la ville et sa région. 

          Il y eut des fortunes diverses selon l’époque. Mais la seconde moitié du XIXe siècle en fit une production emblématique des exportations marseillaises. Avec des savonnettes pour la toilette et bientôt des poudres à laver (« Persil » en 1932).

          * Pour faire un cube, il faut 3 semaines, selon le procédé marseillais !

          Douze jours dans la vaste cuve pour la saponification (huile et déchets de moulin à huile, eau, soudes et sel), c’est l’empâtage et le relargage. Le jour, c’est la cuisson arrêtée la nuit, avec évacuation des déchets avant la remise en cuisson. Puis les lavages à l’eau salée et la liquidation à la fin. Ces 12 jours, c’est ce qui donne au cube marseillais sa pureté biologique et sa stabilité. Des dizaines d’années après sa fabrication, ce cube reste utilisable, il n’a perdu aucune de ses vertus. Même s’il se déforme, il ne se fend pas ! 

          La mise : sorte de bassin rectangulaire, elle reçoit la pâte à savon encore chaude, liquide et parfumée. On en lisse la surface, le tout refroidit et durcit en 2 à 3 jours. Le vert à l’huile d’olive, le marron aux huiles tropicales…

          Des blocs sont découpés, transportés, passés en une machine qui retranche la masse en cubes de poids variés (1kilo, 600gr…)…

          Il faut, à présent, laisser durcir complètement : 10 jours à l’air libre ou 2 jours en étuve. Puis, on le marque (tampons de buis ou « moule à tulipe »).

          * Il existait, à Marseille, près de 200 marques (du Fer à Cheval au Sérail, la Corvette, le Chat, l’Écrevisse, le Marin…). À Mimet, sur le mur de l’épicerie de Gabrielle, il y avait l’Abat-jour, une publicité peinte sur le mur, côté Place de la Mairie.

          Et la marque l’Amande, fabriquée par le père de Monsieur Régis Garcin qui en a offert quelques cubes à la « Maison de la Mémoire », dont un de 1,5 cm de côté ! (échantillon commercial, cube de poupée ?). C’est du vrai, le cube d’Amande s’est déformé mais n’est pas fendu.

          Car le savon de Marseille n’est pas protégé (A.O.C. ou I.G.P.). Alors, tout dépend de l’honnêteté du producteur.  

          Le savon de Marseille lave le linge, et certains dermatologues le recommandent pour la toilette à ceux qui ont la peau sensible, il permet de débarrasser les rosiers de leurs pucerons, fait briller le carrelage, soigne les rhumatismes et les crampes, supprime les irritations, il est antimite, biologique, naturel, indestructible…

                                                                                                                                     Bernard Duplessy

 

                                                              LA  POÊLE À FRIRE ou SARTAN

          Avec son long manche, elle permettait de frire les poissons et les œufs pour une omelette. C’est-à-dire pour les jours maigres, le vendredi et la période du carême : chacun avait une sartan car tous suivaient les règles alimentaires religieuses.

          La cuisson s’effectuait sur le feu vif ou les braises incandescentes pour la cuisson rapide : les parfums de la fumée s’ajoutaient à la préparation, l’omelette en était améliorée.

           La longueur du manche permettait de ne pas se brûler !

           Mais cette sartan ne servant plus pour l’omelette ou le poisson (à vrai dire très rare à Mimet), fut transformée pour les châtaignes ! On se contenta de percer des trous de façon sommaire ! Elle devint « sartan castagniero ».

          Parfois, pour la fête du village, on pratiquait « le jo de la sartan » : il fallait détacher avec les dents une pièce d’argent collée au cul de la poêle avec du cirage noir !  

                                                                      LE TOURNE-BROCHE

           Un appareil à la fois simple et sophistiqué. Dans une cage en tôle montée sur quatre pieds ouvragés en fonte, se trouve un mécanisme d’horlogerie : celui des comtoises ou horloges murales qui se développèrent au XIXe siècle.

          Jusqu’ici, si on désirait cuire une viande de façon naturelle, arrosée seulement de son jus, il fallait faire actionner par un marmiton une manivelle pour tourner la pièce. À moins qu’on ne dispose d’un système à corde et contre-poids. Ici, sans encombrement et pour les volailles ou gibiers de petite taille, on use d’un engin simple : une clé remonte le ressort qui se détend peu à peu et permet à un axe de tourner sur lui-même devant les flammes du foyer.

          On peut y rissoler un poulet et plus heureusement, les petits oiseaux, les grives : une gourmandise coupable et savoureuse ! Sans oublier les tranches de pain sur la lèchefrite où tombent les jus de cuisson et qui seront dégustées avec la pauvre grive plumée, entière. Marcel Pagnol savait les apprécier comme le firent les hommes depuis la plus lointaine préhistoire.  

 

                                                   APÉRITIFS ET DIGESTIFS D’HIER À MIMET

           Il y a encore une trentaine d’années et depuis des siècles, on trouvait dans les épiceries, drogueries ou bazars, des extraits de plantes pour réaliser apéritifs, cordiaux ou digestifs. La marque la plus connue était NOIROT.

           Si les variétés étaient nombreuses, la préparation ne variait guère : à l’extrait on ajoutait une bouteille de bon vin rosé ou blanc, de préférence, 20 cl d’alcool (marc ou autre) et parfois du sucre. Il fallait garder 2 à 3 mois, secouer de temps en temps et filtrer en cas de dépôt.

           S’il s’agissait d’extrait pour fabriquer du pastis, le plus souvent anonyme et d’origine mal connue, de l’alcool à 45°, du marc, complétait le flacon. On y faisait macérer fenouil, graines d’anis, feuilles d’absinthe, plus ou moins selon le goût désiré et on l’utilisait, filtré, au bout de trois mois. Ce pastis passait pour plus naturel que celui du commerce.

           Les Mimétains n’avaient pas à aller loin pour acheter « la blanche », le marc fabriqué avec le moût après le pressage des raisins : l’alambic fonctionnait à Saint-Savournin, dans un parfum fruité et grisant. 

 

                                                 LES  BOUTEILLES  PHARMACEUTIQUES

           Autrefois, il n’y a pas si longtemps, quatre à cinq dizaines d’années, beaucoup de médications s’utilisaient en de petits flacons de verre bouchonnés. Et non en capsules à double, voire triple emballage !

           Flacons de teinture d’iode pour plaies, bosses et autres,

           « Eau des Carmes » du frère Mathias, chez A. Emery à Marseille,

           Tercinol chez R. Lemaitre de Paris, 

           bouteille graduée pour l’eau distillée neutre ou les cuillères à café afin de doser (codex),

           Sedlitz, chez Ch. Chanteaud, 5, rue des Francs Bourgeois à Paris, pour les poudres,

           flacon ambré de « Iodone », 

           la fameuse huile de Ricin, 

           un « sirop Famel », du 20 rue des Orteaux à Paris… 

           On notera certaines fabrications locales. On était plus proche de l’apothicaire capable de réaliser des préparations que de l’industrie pharmaceutique actuelle.

           De plus, à Mimet, chacun et chacune disposaient des plantes de la colline : elles n’étaient pas polluées ! Infusions, inhalations, cataplasmes et pansements, calmants, fébrifuges…

           Aujourd’hui, après le temps du mépris, la tradi-pharmacopée est à nouveau explorée par l’industrie : elle mettra en gélules ce qu’on avalait en sirop, ce sera plus sérieux et plus cher.

 

                                                    LES BOULES CLOUTÉES (OU FERRÉES)

           Tout commence dans la colline, non loin du Verdon, à Aiguines (nord du Var), chez les tourneurs sur bois et les ferreuses.

           * De décembre à mars, c’est la coupe du buis. Les boules, étant taillées dans la souche de l’arbre, étaient sélectionnées pour qu’on puisse atteindre, après tournage, le diamètre de 70 millimètres. Les plus beaux lots se vendaient cher.

            La principale période de fabrication s’étala de 1900 à 1925, puis vinrent les boules métalliques ! 

            Un bon bûcheron pouvait sélectionner, par jour, de quoi faire 2 ou 3 douzaines de boules. Et ce, depuis la fin du XVIIIe siècle, au moins ! 

           * Il fallait stocker ces souches (ou ronces) à l’abri du soleil et des courants d’air : plusieurs années.

           Puis, on « épannelait » pour obtenir un volume ovoïde : 1 à 2 ans d’attente encore. En tout, on peut estimer l’attente à 4 ou 5 ans.

            * Ce sont les femmes qui cloutent les boules, après qu’elles aient été arrondies. On commence dès 13 à 14 ans et on travaille jusqu’à plus de 70 ans ! Presque toutes les femmes d’Aiguines sont ferreuses.

            Elles apprennent sur le tas. Les moins habiles et les débutantes fabriquent les boules pour les cafés et les joueurs occasionnels. Les plus habiles font des boules « fines » avec marques (initiales, chiffres, signes divers…). Chacune travaillait à son rythme et quand elle le voulait. On les payait à la quinzaine ou au mois, selon le nombre de paires (2,50 francs la paire vers 1925).

           * Le travail : un plan de travail, le « cepoun » ou billot lourd que la femme enferme entre ses genoux. Dessus, un cercle de fer fixé dans le bois pour maintenir la boule, un marteau, des clous (cuivre jaune et rouge pour les marques), les clous à grosse tête par cartouche de 5 kilos… plus un arrache-clou.

           Le cloutage en écailles : le premier clou est enfoncé sur l’un des pôles de la boule, le deuxième pour recouvrir d’un tiers le premier, même chose pour le troisième en allant dans le sens des aiguilles d’une montre… Le dernier, sur le second pôle, bloquant tout l’ensemble : c’est le seul dont on voit la tête entière.

           Pour les marques, on établit le tracé au crayon et on plante les clous de cuivre, à mesure de l’avancée du travail.

           Puis vient le polissage : la boule est lisse et brillante.    

 

                                                                   LE GRILLON ET SA CAGE

           * Le grillon domestique est, à la fois, un porte-bonheur et un protecteur du foyer, en particulier à Marseille et dans sa région (et en Grèce, d’où viennent à l’origine, il y a 2 500 ans, les Massaliotes) ! On le tient dans une petite cage cylindrique. Il en existe deux sortes : le grillon noir et le vert.

           * En hiver, la cage et son grillon sont à côté de la cheminée, pour la chaleur.

            En été, on l’accroche à la fenêtre de la cuisine, et le petit cri du grillon, à la fois aigu et perçant, accompagne la mère de famille.

           * En provençal, c’est lou grihet

           « Maï que lou grihet conte »

           «escouta comme un grihet» (écouter attentivement) dit le proverbe.

           * Si l’on va à la foire ou au marché, il faut que le grillon ait chanté, signe bénéfique. Sinon, on risque de faire de mauvaises affaires !

           * Familles nobles :

           Les Grillet (du Comtat) et les Grille (d’Arles), portent un grillon dans leur blason. 

 

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