L’ANCIENNE MAIRIE

 

          L’histoire de la motte seigneuriale de Mimet, très agitée, ne laisse que peu d’éléments architecturaux cohérents. Commencée aux Xe et XIe siècles, abattue, rebâtie, tronçonnée en de multiples propriétaires, on ne distingue plus grand-chose aujourd’hui, sauf la structure générale.

         Il n’en est pas de même avec l’ensemble composé par l’église et ses bâtiments annexes. Edifiée au XIe siècle, l’église de la Transfiguration, nommée ainsi en 1510, alors consacrée à la Nativité de Marie, était plus petite qu’aujourd’hui. Elle fut reprise ou reconstruite vers 1520-25, puis agrandie entre 1770 et 1780 (rehaussée, façade avancée à l’ouest…). A noter que les deux cloches sont, l’une de 1761 et l’autre (remplacée en mars 2008) de 1774, fondues toutes les deux en Aix par le maître-fondeur Galopin : elles échappèrent à la fonte générale que connurent la plupart des cloches de France au moment de la Révolution.

          Un « compte-fait » ou devis parle de la construction d’un presbytère vers la partie sud de l’église, de 1525 à 1526. De cela, il ne semble rien rester aujourd’hui. Il faut rappeler qu’avec les guerres de religion, Mimet fut ravagé par le Duc d’Epernon de 1589 à 1595. Il est possible qu’alors, ce beau presbytère tout neuf ait été réduit en cendres ! Ce n’est qu’au XVIIe siècle que l’on reconstruisit ce qui existe aujourd’hui : un ensemble rebâti sur des vestiges médiévaux (une cave-écurie voûtée) et du XVIe siècle. On fit plus petit mais doté d’un très bel escalier à balustres pleines avec nez de marches en chêne et malonnage, sans oublier une porte d’entrée refaite au XVIIIe siècle. Ce qui se voulait imposant et presque fastueux, différent des habitations paysannes, fut ramené à quelque chose de confortable, et ouvert sur le village dans l’esprit de la contre-réforme prêchée par les papes de Rome. Cette fois, les fenêtres ouvraient sur la place de l’église, vers l’ouest et non vers le sud sur la petite esplanade ensoleillée. Le presbytère n’était plus seulement la maison des prêtres, mais un lieu où les fidèles pouvaient être reçus. Il s’agissait de ne plus se couper de la population, de vivre sous ses yeux et d’être à disposition. De plus, le presbytère du XVIe siècle, avec ses probables trois étages, dépassait en hauteur le clocher, il fut ramené à deux, par humilité.

          Sous cet ensemble, partie sous l’église, partie sous le presbytère, un réservoir de plusieurs centaines de mètres cubes servait, jusqu’à l’arrivée de l’eau courante (années soixante), à l’alimentation des fontaines du village. On ne sait cependant pas quand il fut creusé : sans doute en même temps que la construction de l’église. Mais il constituait une considérable citerne très abritée qui permit à Mimet de boire sans doute durant plusieurs siècles, surtout en été ! Qu’il s’agisse d’eau de pluie ou de source, elle était toujours fraîche.

          Au moment de la Révolution et malgré les soubresauts immobiliers que connut le château lui-même, il semble que l’ensemble, de l’église au presbytère, ne fut pas tronçonné. Il reste que l’usage des diverses parties de ce bloc fut varié : bureau de poste, location à des artisans (menuisier, potier) avec leur logement sur place, sièges d’association, mairie ou annexes. Et l’entretien fut rarement une priorité !

          Aujourd’hui, l’ancienne écurie du XIe siècle a été restaurée pour devenir Maison de la Mémoire qui reçoit les premières collections (vestiges celto-ligures de l’oppidum de la Teste de l’Ost, objets de la vie quotidienne mimétaine aux XIXe et XXe siècles).                                                                                                      Bernard Duplessy