Le chemin de la mine à Mimet

Le chemin de la mine passe par Mimet : depuis le XVIIIe siècle, on y cherche du charbon, d'abord à la Félicie.

Ensuite, c'est le monde moderne, Puits Biver, Puits Gérard, téléphérique nourrissant les Terras, Péchiney, la Centrale.

Le charbon dans un paysage de rêve.

La Félicie

Aux descenderies du "Mouton" et du "Fourneau" en 1820, succède en 1867 la Félicie à 142 mètres de profondeur : peut-être le premier vrai puits, en tout cas, sur la commune de Mimet. Sans doute aussi, descenderie au début d'une exploitation née vers la fin du XVIIIe siècle.

L'installation est dotée de pompes, de roulages en "légères berlines en tôle" tirées par des chevaux : avant, c'était les "mendits" enfants de moins de 10 ans !

Source : Gilbert Bagnis et Bernard Duplessy

Le Puits Biver

Il est foré à partir du 19 mars 1891 et fait 375 mètres de profondeur.

Il sera terminé le 12 novembre 1893. L'exploitation, au début, fut proche des descenderies du passé : panier par panier, le charbon et les stériles.

Mais pourtant, le puits Biver est l'un des premiers puits creusés en profondeur et à la verticale, avec des galeries latérales, sans oublier le chevalement de surface.

Le charbon extrait servira d'abord à l'usine d'alumine de Gardanne.

L'exploitation du puits Biver s'arrêtera en 1949

Source Gilbert Bagnis et Bernard Duplessy

Le Puits Gérard

Dés 1941-42, et il y faudra des années, on "fonce" le nouveau puits Gérard à Mimet.

Il sera mis en service de 1945 à 1949 et remplace le puits Biver.

Sa production alimente, dés 1953, le premier groupe de la centrale thermique de Meyreuil puis 3 autres groupes jusqu'en 1967...

Les aléas pétroliers et les difficultés d'exploitation joueront en faveur du charbon puis contre lui. En 2003, tout s'arrêtera.

Source : Gilbert Bagnis et Bernard Duplessy

Les Moulières, petit coron provençal

La cité minière des Moulières (terrains mous et humides) est née après 1945.

Au-dessus du Vallon de Cauvet, les maisons s'alignent le long des rues au noms de fleurs : il fallait produire "le charbon, le sang de la France", disait-on.

Le tout nouveau Puits Gérard venait de s'ouvrir au bord de la route menant à Mimet.

De petites maisons avec un hangar, parfois un puits et un terrain où faire pousser quelques légumes et deux ou trois fruitiers.

Source : Bernard Duplessy

photo : Marion Kabac

Biver un coron provençal

Dès 1891, avec le puits Biver, un nouveau village naissait. Les habitants venaient d'un peu partout, d'Italie, d'Arménie, de Grèce, d'Espagne, d'Afrique du Nord.

Ernest Biver, ingénieur, avait tracé une croix sur le sol et le long des chemins les maisons poussaient. En 1925, après l'école, le dispensaire, il y eut la construction d'une église.

Ce que l'on sait moins, c'est que la véritable raison permettant le développement des mines fut le creusement de la Galerie de la Mer : elle évita l'ennoiement des puits de mine.

Source : Gilbert Bagnis et Bernard Duplessy

Les terras (ou terrils) des Molx

Suite au fonçage des puits de mine, il fallut se débarrasser des stériles.

On construisit au début du XXe siècle un téléphérique de 105 mètres de haut sur un terrain vers Biver. Les bennes commencèrent leur va et vient.

Lorsque le premier tas atteignit la hauteur de 105 mètres, on déplaça les pylônes et on commença un second amas.

Jusque vers 1975, les cendres en provenance, cette fois, de la centrale de Meyreuil allèrent aux terras puis elles furent vendues à divers sociétés.

Aujourd'hui, les pins s'y sont installés.

Source : Gilbert Bagnis et Bernard Duplessy

Péchiney

En 1893, la "Société Française de l'Alumine" fusionne avec la "Société Electro-Métallurgique Française" : elles construisent une usine de fabrication d'alumine à Gardanne.

Ce qui procurera une clientèle aux mines et en particulier au puits Biver.

Péchiney, au début, travaille donc avec les mines locales et la Bauxite du Var.

Si l'aspect de l'usine semble étrange, il faut savoir qu'il y a été mis au point des centaines de brevets de fabrication de l'alumine : un savoir-faire important.

Source : P. Mioche et Bernard Duplessy

Puits Yvon Morandat ou puits Y

C'est l'un des 2 derniers puits construits par les "Houillères de Provence", il descend à 1107 mètres. 

Il fut foncé de 1981 à 1986 et a servi d'aérage, transport de matériel, d'électricité  mais surtout pour le personnel à partir de 1986. On pouvait descendre 180 personnes en "une seule cordée" à 12 m/s par l'ascenseur.

Il devait participer à l'extraction de la réserve de 60 millions de tonnes du bassin et fut fermé en 2003.

Source : Centre Midi Magazine et Bernard Duplessy

Le Puits Z

Vers le quartier Payannet, il fut creusé de Juillet 1981 au 9 août 1984, pour atteindre 879 m de profondeur sur 6,50 m de diamètre.

On le prévoyait pour l'aérage, dés 1982, on décida de l'équiper aussi pour l'exploitation.

Il reçut un chevalement de 66 mètres de haut. 

Comme le puits Morandat, tout s'arrêta en 2003

Source: Centre Midi Magazine et Bernard Duplessy

La centrale thermique de Meyreuil

Le premier groupe de production est né en 1953. Un second viendra en 1955, un troisième en 1959, un quatrième en 1967, puis d'autres tout en modernisant l'ensemble.

C'est la seule centrale thermique du sud-est, elle permet la consommation d'électricité de la Provence.

Le plus spectaculaire, ce sont les "réfrigérants atmosphériques" en béton. Quant  à la cheminée, c'est la plus haute d'Europe, environ 300 mètres, il y a des dépoussiéreurs qui fonctionnent, en principe !

Cette centrale ne cesse d'évoluer, y compris dans les combustibles utilisés. Après le charbon, aujourd'hui on parle du bois...

Source : Gilbert Bagnis et Bernard Duplessy

Photo ville de Gardanne

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